Focus sur le SDIS de la Vienne
SDIS 86 : quand la sécurité est fragilisée par des choix budgétaires

Le Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) n’est pas une dépense accessoire.
C’est un pilier du service public : celui qui garantit que, partout dans la Vienne, une intervention de secours arrive à temps.
Or, les données du Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR), les retours du terrain et les décisions politiques récentes dessinent une réalité préoccupante :
➡️ la sécurité de nos concitoyennes et concitoyens est fragilisée par une logique budgétaire qui prime sur l’égalité territoriale.
Quand la logique comptable prend le pas sur la protection des populations, c’est la sécurité elle-même qui recule.
⏱️ 23 minutes d’intervention : une sécurité à deux vitesses
Le SDACR — document stratégique qui organise les secours pour plusieurs années — établit clairement que :
➡️ plusieurs communes de la Vienne se situent à plus de 23 minutes d’intervention.
23 minutes, ce n’est pas un détail.
C’est un risque vital.
Ces délais ne relèvent pas du hasard :
➡️ ils sont le produit d’un sous-financement structurel du SDIS et d’un manque d’investissements dans les centres de proximité.
L’égalité devant le secours ne devrait jamais dépendre du code postal.
🚒 Poitiers n’est pas épargnée : quand les pénuries se déplacent
On pourrait croire que Poitiers, avec des délais moyens plus courts, est à l’abri.
Ce n’est pas le cas.
Des casernes appelées hors secteur
Les centres de La Blaiserie et Saint-Éloi interviennent régulièrement hors de leur zone pour compenser des pénuries ailleurs.
➡️ Résultat : leurs propres secteurs se retrouvent moins couverts.
Une pénurie créée, pas subie
Lors du déménagement de Pont-Achard vers La Blaiserie, une ambulance a été supprimée pour des raisons budgétaires.
Depuis :
- La Blaiserie ne dispose plus que d’une seule ambulance ;
- lorsqu’elle est engagée, Saint-Éloi doit couvrir les deux secteurs ;
- les deux zones sont fragilisées simultanément.
➡️ Cette pénurie est le résultat d’un choix politique.
On ne gère pas la sécurité publique comme une variable d’ajustement.
🚨 Le “manque de volontaires” : un alibi qui ne tient pas
Oui, la crise du volontariat est nationale.
Mais un Département responsable devrait, dans ce contexte :
- renforcer les effectifs professionnels,
- investir dans ses centres,
- améliorer les conditions d’engagement.
➡️ Rien de cela n’est fait à la hauteur des besoins.
Le manque de volontaires n’est pas une excuse.
➡️ C’est un signal d’alarme.
Quand les effectifs manquent, on renforce. On ne réduit pas.
Quand les effectifs manquent, on renforce. On ne réduit pas.
💶 Réduire la sécurité à un “coût” : une vision dangereuse
Les élu·es de la majorité parlent régulièrement de « maîtrise de la dépense », comme si le SDIS était un poste budgétaire ordinaire.
Cette approche est partagée jusqu’au sommet de l’État.
Lors de son premier CASDIS, le Préfet a ouvert la séance par ces mots :
« Un SDIS, ça coût cher »
Face à lui, des sapeurs-pompiers professionnels et volontaires, silencieux — non par approbation, mais parce qu’ils n’ont pas le droit de répondre.
Réduire leur engagement, leur risque et leur utilité à un “coût” est profondément injuste.
➡️ Cela révèle une culture préoccupante :
- comptable,
- déconnectée du terrain,
- éloignée du sens du service public,
- indifférente à celles et ceux qui le font vivre.
On n’éteint pas un incendie avec une ligne budgétaire.
On ne sauve pas une vie avec une économie.
⚖️ La logique coût/risque du SDACR : une rupture de l’égalité territoriale
Lors de l’élaboration du SDACR — validé par le Préfet précédent — il a été acté que renforcer les secteurs les moins couverts ne serait pas pertinent, car le risque y serait jugé “rare” au regard du coût. Le Préfet actuel n’a pas remis en cause cette décision.
Autrement dit :
➡️ la protection dépend du nombre d’interventions qu’un territoire génère.
Cette logique est inacceptable :
- moins d’habitants → moins d’interventions,
- moins d’interventions → moins de moyens,
- donc moins de protection pour les territoires ruraux.
Une vie en milieu rural vaut autant qu’une vie en zone dense.
La sécurité ne se calcule pas au rendement.
➡️ Le SDACR entérine ainsi, en toute conscience, une sécurité à deux vitesses, avec la validation de l’État.
La sécurité des sapeurs-pompiers n’est pas négociable
Lorsqu’on parle de délais d’intervention, de moyens et d’effectifs, on pense légitimement d’abord à la sécurité de la population.
Mais on oublie trop souvent une autre réalité, pourtant omniprésente dans les discours officiels : celle des risques encourus par les sapeurs-pompiers eux-mêmes.
Engagement, courage, dévouement, sacrifice, prise de risque : ces mots sont régulièrement invoqués pour saluer leur action.
Encore faut-il que ces risques ne soient pas aggravés par des choix budgétaires et par un manque de moyens que les équipes alertent depuis des années.
Avec des effectifs insuffisants ou des moyens matériels contraints, on peut raisonnablement envisager que certaines équipes soient amenées à intervenir dans des conditions dégradées, voire à se retrouver dans l’impossibilité d’agir pleinement, faute de sécurité suffisante pour elles-mêmes.
Cette éventualité, si elle devait se produire, serait grave.
Elle l’est d’abord sur le plan opérationnel : une intervention menée avec une équipe incomplète, du matériel insuffisant ou des délais excessifs limite mécaniquement la capacité à sécuriser les lieux, à porter secours efficacement et à protéger à la fois les victimes et les intervenants.
Elle l’est aussi sur le plan humain et psychologique : ne pas pouvoir secourir une victime à temps, non par manque de volonté mais par manque de moyens, peut durablement affecter celles et ceux qui ont choisi ce métier pour protéger et sauver.
La mission des sapeurs-pompiers n’est pas de prendre des risques inconsidérés, mais de les maîtriser.
Les interventions sont strictement encadrées pour garantir leur sécurité et celle de leurs collègues, et réduire au maximum l’exposition au danger. Les placer dans des situations où les moyens manquent, ou où une intervention complète n’est pas possible, n’est ni conforme à leur mission ni acceptable sur le plan humain et opérationnel.
Quand les moyens manquent, le courage ne suffit plus — et ce n’est pas aux sapeurs-pompiers d’en payer le prix.
🛡️ Ce que je défends
Je défends un SDIS :
- à la hauteur des risques,
- doté d’effectifs suffisants,
- équipé d’ambulances adaptées,
- capable d’intervenir rapidement partout,
- garantissant une égalité réelle d’accès aux secours.
Le SDIS n’est pas un coût. C’est un pilier de la République.